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31 mars 2006

Stéphane et Stéphane, preux des Océans


Les nouveaux chevaliers,
nouvelle catégorie inaugurée aujourd'hui grâce à la rencontre de deux héros au grand coeur


Aujourd’hui réveil en migraine, panne d’oreiller, ronchon.
Café tardif devant télé. Mal barrée.
Seulement, les flots d’imprévus en décidèrent à leur guise.
Je m’en allais grognon par les chemins égarés des ondes, l’œil mauvais et le crâne soumis aux douleurs migraineuses quand par la plus bonne grâce de madame Télévision surgirent devant mes yeux deux chevaliers étincelants dans leur armure de bonne volonté et de passion.
J’étais sur le petit sentier perdu de Direct 8 à l’heure Complément Terre. Quel heureux hasard m’amena devant ces preux chevaliers des temps nouveaux de la Terre ? Evidemment, c’était la Mer ! Une vague migraineuse d’une force inconnue m’avait poussée vers eux, si beaux et si vaillants que leur passion éclatait au grand jour sur leur beaux visages lumineux.


Le premier qui parla était Stéphane Latxague, directeur de l'association internationale surfrider. Beau jeune homme basque aux yeux verts, il déclamait d’une voix claire à qui pouvait l’entendre comment il parvenait à mener sur les plages des groupes entiers de bonnes gens ou même de petits enfants au ramassage des immondes déchets rejetés par nos sociétés avides et gaspilleuses. Et comment, en les prenant par la main, son association guidait les institutions vers la reconnaissance et la prise en charge de leurs responsabilités.

Le second était Stéphane Hénard du centre national de la mer Nausicaa de Boulogne-sur-mer. Le regard franc couleur bleu du ciel, le menton volontaire, il racontait le périple d’un groupe d’enfants embarqués sur un navire guidé par Jean-Michel Cousteau depuis la Norvège jusqu’au Cap de Bonne Espérance, périple exposé à Nausicaa dans : Cap au sud.

Chevalier-Surfeur de l’Océan et Capitaine-à-la-belle-Figure, ils disaient que nous sommes tous responsables de nos pollutions, que 80% de ce qui est jeté à Terre finit à la Mer. Il nous demandaient de réduire nos déchets autant que nous pouvions et nous poussaientt à les trier pour qu’ils soient revalorisés. « Prenez un panier pour faire vos provisions. Refusez les sacs en plastique ! » disaient-ils à tous, plein d’enthousiasme. « C’est élégant, et vous serez fiers de vous ! », répétaient-ils et pleins d’autres bonnes paroles, tellement simples qu’on les avait oubliées. « Ne gaspillez pas, évitez les produits sur-emballés, n’achetez plus de dosettes individuelles, achetez les produits en plus grande quantité ou en vrac. Vous y gagnerez car ils sont moins chers et la Planète gagnera aussi ! » . Ils ajoutaient : la France est le 3ème pays consommateur de produits phytosanitaires, pesticides, engrais. Vilain record obtenu non seulement à cause d’une agriculture intensive mais à cause également de l’utilisation de ces produits par les jardiniers amateurs. « Jardinez bio ! » pensaient-ils tellement fort qu’ils n’avaient pas besoin de le dire.

Ils partirent trop vite, je restais seule mais le cœur à nouveau rechargé, investit d’une mission à mener jusqu’au bout de mes forces, de paroles à porter le plus loin qu’on m’entendrait, d’actes quotidiennement responsables à réaliser avec bonheur.

Pour soutenir Surfrider, offrez et portez leurs tee-shirts et vêtements en coton biologique :
http://www.surfrider-europe.org

Visitez le centre Nausicaa de Boulogne-sur-mer en commençant par leur magnifique site :
http://www.nausicaa.fr

Et puis rejoignez le site et le blog de la nouvelle exposition :
site Cap au sud : http://www.nausicaa.fr/exposition_CAS.htm
blog Cap au sud : http://capausud.over-blog.com/

si Boulogne est trop loin pour vous.

Un mini potager bio dans ma cuisine


Idéalement, pour être en bonne santé, il faut commencer par bien se nourrir. Mais tout le monde n’a pas la chance de pouvoir cultiver de bons légumes dans son potager. D’abord, il faut un jardin, et du temps. Enfin, surtout de la REGULARITE ! Et la régularité, c'est bien la dernière chose que j'ai dans mon jardin pourtant fourni. Alors, j’ai repris ce que je faisais quand j’habitais au 4ème étage d’un immeuble en ville : un mini potager biologique dans ma cuisine. Il s’agit juste de compléter les plats d’un peu de fraîcheur, pas de subvenir à tous les besoins de la maisonnée !
Je fais germer des graines pendant quelques jours dans un endroit lumineux mais non exposé directement au soleil. Ces petites graines germées sont pleines de vitamines, minéraux et tout ça et en plus sont bonnes à croquer nature. Certaines sont piquantes, d’autres douces ou amères. Il y en a pour tous les goûts et de toutes les couleurs.
L'article sur Ekopedia résume bien ce sujet, de la qualité nutritive des graines aux diverses façon de s’y prendre, en passant par de délicieuses recettes (l'aubergine à l'ail, hummmm!)

http://fr.ekopedia.org/Graines_germ%C3%A9es

Celui sur Wikipedia attend encore d'être complété.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Graine_germ%C3%A9e

Pour germer, Les graines ont besoin d'humidité
Ce vieux germoir a repris de l'usage dans ma cuisine, mais il est facile de faire germer des graines dans une assiette creuse qu'on arrose puis qu'on vide deux fois par jour en maintenant les graines de la main. On peut aussi les mettre dans un bocal fermé d'une gaze tenue par un élastique en guise de bouchon, qui fera passoire et gardera l’humidité.

Comment les déguster ?
Avec plaisir. Quand on commence, on peut difficilement s’en passer ! Je les pose parfois sur la table en guise de grignoteries appéritives. Elles viennent agrémenter toutes mes salades et le bord d’une assiette chaude, mieux qu’une bête feuille de laitue (ou alors sur la feuille de laitue avec quelques rondelles de radis ! ).

Les germes de soja, bien connus en cuisine asiatique sont utilisés crus ou légèrement cuits. On peut cuire les autres graines germées également mais ce n’est pas très intéressant, car elles perdent leurs qualités.

Où les trouver ?
Dans les magasins d'alimentation biologique. Si comme moi, vous êtes du genre à vouloir essayer tout de suite, vous prenez une petite poignée de lentilles qui traînent au fond du placard et vous commencez l'expérience ! Au pire, dans certaines jardineries on trouve des graines de radis bio : ça marche aussi !

Pour en avoir tous les jours sous la main, j'utilise un germoir à trois niveaux
Dès qu'un étage est libre, je rince et resème. Les graines germées se conservent quelques jours dans le réfrigérateur.

28 mars 2006

L'île (suite)



L’apprentissage de la voile fut difficile. Je consacrai trop peu de temps à cette passion. J’étais dévorée par de multiples feux intérieurs qui me poussaient dans des directions diverses et contraires. J’avais l’impression de vivre plusieurs vies, et chacune étant à la fois unique et précieuse m’emportait vers des avenirs aussi attirants les uns que les autres.

La première fois, j’avais dû repartir avec la même marée. Ce qui m’avait laissé à peu près une heure de liberté sur l’île, une heure si courte que je n’avais pas su la mettre à profit pour visiter. En grimpant sur l’énorme rocher au bout de la plage, j’avais pourtant aperçu le toit de la maison au près des arbres.

Je m’étais persuadée quelle était déserte, abandonnée, tout comme l’île qui n’aurait connu, selon mes désirs, aucun habitant depuis les invasions vikings. Évidemment j’aurais pu me renseigner à terre, mais cela n’avait aucun intérêt pour moi à cette époque. L’île était mienne, autant que l’Océan, parce que je l’aimais.

Je ne revins sur l’île qu’un an plus tard.

...

27 mars 2006

Contre la peine de mort

Ces trois associations luttent pour l'abolition de la peine capitale, l'abolition de la torture, pour la liberté d'expression, contre les emprisonnements politiques

ACAT, Action des Chretiens pour l'Abolition de la Torture et des executions capitales
: http://www.acat.asso.fr/

Amnesty international
: http://www.amnesty.asso.fr/

RSF, Reporters sans frontieres : http://www.rsf.org/

26 mars 2006

L’île



L’île m’avait semblé longtemps comme une étape obligée, une ligne à franchir avant de plonger vers l’horizon, une limite rassurante du monde connu, une frontière avec l’avenir. Je n’imaginais pas alors à quel point elle allait changer ma vie, la briser en deux parties l’Avant et l’Après, tout en restant à elle seule un monde entier entre deux mondes.

Je l’avais abordée un jour d’été. C’était une victoire sur mes rêves d’enfant. Enfin, j’avais quitté la terre chaude et maternelle. Je m’étais aventurée, seule sur ce bout d’océan, qui m’effrayait autant qu’il m’attirait. Je pouvais planter mon drapeau sur le sable de l’île car j’avais ouvert, en l’abordant, la Porte Sacrée de l’Aventure.

25 mars 2006

L’enfer du décor


Le lac de Viviane au fond duquel, dans son château, elle aurait élevé Lancelot, recueilli tout enfant

Le château de Comper est un des lieux magiques de Brocéliande.

La légende dit qu’il est le château du Chevalier noir qui défend la fontaine de Barenton au camp des tournois ; qu’il serait aussi le château du père de la fée Viviane, amie de Merlin et mère adoptive de Lancelot du Lac.

C’est également un lieu historique qui aurait appartenu au roi Salomon de Bretagne puis à Raoul de Gaël-Montfort, compagnon de Guillaume le Conquérant.

Il abrite aujourd’hui le Centre de l’Imaginaire Arthurien, où des artistes, acteurs, conteurs, plasticiens, dessinateurs font revivre la légende du cycle du Graal.


Mais la commune de Concoret qui abrite ce lieu prestigieux vit un drame épouvantable,

depuis juillet 2004, un projet de création d'un important site d'enfouissement de déchets ultimes a vu le jour, un stockage permanent de déchets non retraitables au sein de la forêt merveilleuse, centre des légendes arthuriennes, de l'imaginaire féérique et lieu de visite de centaines de miliers de touristes chaque année…

L’association « Sauvegarde de Brocéliande »
s'est constituée pour s'opposer à tout projet ou activité susceptible de porter atteinte au patrimoine naturel et culturel de Brocéliande ainsi qu'au bien-être des populations qui y demeurent.

Sauvegarde de Broceliande : http://www.sauvegarde-broceliande.org/


BOUTIQUE DES HORREURS (extrait du site de l’asso) :


« Nous avons très vite découvert que la plate-forme fonctionnait de manière illégale pendant la nuit et recevait notamment des livraisons nocturnes de produits que nous avons jugé opportun de faire analyser. Ces produits, identifiés initialement comme étant des sous-produits de volaille, ont été déposés en premier lieu à la Direction des Services Vétérinaires qui, compte tenu de leur nature s'est refusée à réaliser toute analyse. Nous avons donc transmis ces prélèvements à la Direction Générale de la Concurrence de la Consommation et de la Répression des Fraudes qui s'est, bien heureusement, sentie obligée de réaliser des analyses (qu'elle nous a facturées) lesquelles ont confirmé la présence dans ces farines de tissus animaux carnés. La DGCCRF ne s'est pas pour autant saisie du dossier. »

Ainsi, sous couvert de production de « bio » compost, la plate-forme ne serait-elle en réalité qu'une façade permettant d'éliminer clandestinement des farines animales en les intégrant au processus de fabrication ?

Notons pour information que ce procédé frauduleux permettrait alors d'éviter le coût de l'incinération préconisé par les textes pour l'élimination des stocks de farine animale (voir notamment la circulaire n°2525 du 17 novembre 2000 relative à l'entreposage et l'élimination des farines et graisses animales).
Mais le pire dans cette affaire est à venir : ce « bio » compost au goût carné et composé de déchets en tout genre est commercialisé sous forme d'engrais par TERRIAL filiale du Groupe GLON SANDERS et donc utilisé sur des terres céréalières, maraîchères, viticoles etc., et intervient donc directement dans la chaîne de production de denrées alimentaires. Il existe donc un risque extrêmement alarmant de contamination de la chaîne alimentaire !
[…]
Suite aux démarches de l’association « Sauvegarde de Brocéliande », un arrêté préfectoral en date du 30 mars 2005 a confirmé les anomalies qu’elle avait relevées.


Sauvegarde de Brocéliande a reçu dernièrement le soutien de Mme Mitterand et de France-Libertés

Danielle MITTERRAND, lettre du 2 février 2006
"En rentrant du forum social de Caracas, je garde une impression très forte, celle d'une réelle prise de conscience qu'un changement politique mais aussi de comportement individuel et collectif est nécessaire, compte tenu du processus destructeur auquel, inconsciemment et passivement, nous participons tous quotidiennement. C'est bien cette même prise de conscience qui pousse votre collectif à agir à Brocéliande et qui nous incite avec France Libertés, à soutenir votre action et vos revendications."



France-Libertés
http://www.france-libertes.fr/site.php3
Sauvegarde Broceliande
Depuis deux ans, deux associations, Sauvegarde de Brocéliande et ASSURE, luttent de concert contre l’installation d’un centre d’enfouissement de déchets ultimes sur un site inadapté et pour la réhabilitation de l’ancienne décharge où sont enterrés aujourd’hui des déchets "divers", à l’origine de 62 cancers dans un rayon de 500m... La fondation soutient leur démarche. Plus d’infos sur le site en ligne.

Pour soutenir Sauvegarde de Brocéliande

et préserver la magie de la forêt : pétition, forum, cartes postales, autocollants, tee-shirt.
http://www.sauvegarde-broceliande.org/

23 mars 2006

STOP EPR


http://www.stop-epr.org/

21 mars 2006

La vache


Vaches dans la brume, Bretagne
Pourquoi n'ont-elles plus de cornes ?




Devant la blanche ferme où parfois vers midi
Un vieillard vient s’asseoir sur le seuil attiédi,
Où cent poules gaîment mêlent leurs crêtes rouges,
Où, gardiens du sommeil, les dogues dans leur bouges
Ecoutent les chansons du gardien du réveil,
Du beau coq vernissé qui reluit au soleil,
Une vache était là tout à l’heure arrêtée.
Superbe, énorme, rousse et de blanc tâchetée,
Douce comme une biche avec ses jeunes faons,
Elle avait sous le ventre un beau groupe d’enfants,
D’enfants aux dents de marbre, aux cheveux en broussaille,
Frais, et plus charbonnés que de vieilles murailles,
Qui, bruyants, tous ensemble, à grands cris appelant
D’autres qui, tout petits, se hâtaient en tremblant,
Dérobant sans pitié quelque laitière absente,
Sous leur bouche joyeuse et peut-être blessante
Et sous leurs doigts pressant le lait par mille trous,
Tiraient le pis fécond de la mère au poil roux.
Elle, bonne et puissante et de son trésor pleine,
Sous leurs mains par moments faisant frémir à peine
Son beau flanc plus ombré qu’un flanc de léopard,
Distraite, regardait vaguement quelque part.

Ainsi, Nature ! abri de toute créature !
O mère universelle ! indulgente Nature !
Ainsi, tout à la fois, mystiques et charnels,
Cherchant l’ombre et le lait sous tes flancs éternels,
Nous sommes là, savants, poêtes, pêle-mêle,
Pendus de toute part à ta forte mamelle !
Et tandis qu’affamés, avec des cris vainqueurs,
A tes sources sans fin désaltérant nos cœurs,
Pour en faire plus tard notre sang et notre âme,
Nous aspirons à flots ta lumière et ta flamme,
Les feuillages, les monts, les prés verts, le ciel bleu,
Toi, sans te déranger, tu rêves à ton Dieu !


Victor Hugo, La vache, 15 mai 1837, Les voix intérieures

20 mars 2006

Retour à la mer

Nessy marcha longtemps derrière le loup. Ils traversèrent des vallées, grimpèrent des collines et sautèrent maints ruisseaux avant que Bleiz ne lui laisse le temps de souffler un peu.

Nessy se posa sur le sable de la petite crique où le loup l’avait menée. C’était toujours un rare plaisir pour la vouivre de revoir enfin la mer. Tout au long de la course à travers bois la pluie était tombée, drue et tiède sous l’orage d’été. Maintenant, les éclairs zébraient le ciel noir au-dessus du rivage et la mer d’un bleu turquoise étincelant semblait vouloir arracher des lambeaux de rochers aux falaises. L’écume volait en petits flocons à travers l’air électrique.

Bleiz semblait aussi rompu que la jeune femme. Nessy devina que l’heure était venue pour chacun d’eux d’effectuer une transformation salvatrice. Les pieds de Nessy ruisselaient de sang, sa peau était griffée de toute part et le loup ne trottait plus que sur trois pattes depuis un bon moment. Maintenant qu’ils s’étaient arrêtés, le froid commençait à les saisir. Nessy se releva péniblement et entra en frissonant dans l’eau froide. Elle fit quelques brasses douloureuses avant que son corps enfle jusqu’à décupler son volume, que sa peau devienne grise et épaisse, que ses jambes fines se transforment en de robustes palmes, que son cou s’allonge démesurément et qu’enfin la vouivre sente une force prodigieuse emplir ses muscles.

Elle nagea vigoureusement vers le large, heureuse de recevoir une telle profusion de sensations diverses. Elle aimait véritablement la mer et ce manque lui laissait toujours une amertume quand elle en restait éloignée trop longtemps. La vie l’avait ammenée au cœur d’un pays de forêt où les eaux pourtant belles et calmes du lac ne pouvait la rassasier.

Pendant que Nessy retrouvait avec bonheur ses joies sous-marines, Bleiz était resté immobile de longues minutes. Lui aussi, à sa manière, était heureux de revoir la mer. Il aurait bien courru, sauté et tourné dans le sable si ses pattes ne l’avait autant fait souffrir. Il s’allongea et se contenta d’enfouir sa truffe sous une touffe de goëmon.

La pluie se calmait. Le vent fit éternuer le loup. Il se leva enfin et s’ébroua vigoureusement. Un vieux petit cabas noir extrêmement usé tomba de son oreille.

15 mars 2006

Perdue sous l'orage (suite n°2) - Bleiz



Un problème se posait à Nessy chaque fois qu’elle voulait sortir de l’eau hors de son territoire habituel. En effet, son corps reprenait les formes d’une jeune femme humaine et comme elle se baignait nue … il lui fallait retrouver discrètement des vêtements. Elle avait disposé plusieurs sacs, valises, malles et mallettes dans des cachettes autour du Lac. Mais ici, rien de cela ne l’attendait sur les rives. Heureusement, ce qui avait intrigué Nessy, c’était justement l’aspect mort, désert et désolé du lieu. Une forêt sèche couvrait les berges du Loch des deux côtés. Des arbres tortueux aux troncs noircis s’entregriffaient sur les collines à perte de vue. Nessy rejoignit le rivage et sortit de l’eau. Elle avisa quelques fougères roussies dont elle se fit rapidement quelque chose de décent autour des reins et de la poitrine, bien ficelé par des tiges de lierre entrelacées. Ce genre de situation amusait beaucoup la vouivre curieuse. Les feuilles grattaient un peu la peau, mais rien de trop insupportable. Un silence oppressant étreignait l’ombre. Pas un oiseau ne chantait dans les branches, pas un frottement ne s’entendait dans les herbes jaunes.

La jeune femme aperçut loin derrière le couvert de branches nues l’éclaircie d’une clairière. Elle s’engagea dans la forêt. C’est alors qu’une la pluie se mit à tomber, épaisse et violente. Elle était chaude, bien heureusement. Mais de toute façon, jamais la pluie n’avait inquiété la vouivre. Ses transformations ne s’effectuaient que dans un bain total.

Nessy batailla un long moment contre des brousailles épineuses avant de voir une sente tracée par quelque bête sauvage. Elle la suivit un instant jusqu’à trouver un chemin. Celui-ci, un peu plus tard encore, la mena jusqu’à la clairière apperçue de la rive. Un rocher de shiste rouge couvert de lichen gris l’écorchait en plein centre. Un loup s’y tenait assis, immobile sous la pluie battante.
Nessy le reconnut aussitôt. C’était un vieux loup noir au regard vert qui regardait la vouivre approcher. Il souffla et secoua la tête avant de parler. Sa voix grave perça la complainte monotone de la pluie.

« Bonjour Nessy, je t’attendais.
_ Bonjour Bleiz, dit la vouivre un peu contrariée, comment savais-tu que j’allais passer ici ?
_ Eog me l’a révélé.
_ Eog ? Ah, c’est vrai, le saumon savant ! Et comment se porte ma tante Keridwen, demanda-t-elle à nouveau souriante et un peu taquine ?
_ Bien.
Bleiz, le loup n’était pas des plus diserts, c’était un compagnon fidèle mais il n’aimait pas se perdre en bavardages inutiles à son goût. Il narrait à merveille pour un loup, mais pour cela il préférait écrire, ce qui convenait mieux à sa lenteur d’esprit. Ce n’était qu’un gros chien sauvage après tout.
_ Et qu’as-tu à me transmettre cette fois, questionna Nessy ?
_ Suis-moi, répondit le loup en sautant à bas de son rocher.

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